Le Jour le plus court
Mercredi 21 décembre 2011 [12h00 - 19h00]
La Cité de l'architecture & du patrimoine participe à cette première édition de la fête du court-métrage pilotée par le Centre national du cinéma et de l'image animée. Elle propose à cette occasion une programmation conçue spécialement à partir de son propre catalogue de coproductions mais également ouverte à des réalisateurs unis par une même passion pour la ville et l'architecture.
UN TOUR D'ARCHITECTURES EN FILMS COURTS
Scandée en trois séances, un panorama de films plus ou moins fictions, plus ou moins documentaires, plus ou moins expérimentaux, plus ou moins animés... plus ou moins courts.
Près de six heures de projection en compagnie des architectes et de l'architecture, du patrimoine ancien et moderne : bref, le savoir et l'imaginaire urbains, tels qu'ils cheminent à travers le court métrage, tous genres confondus.
Héritière de l'ancienne salle prestigieuse de la Cinémathèque française, dans l'enceinte du palais de Chaillot, la Cité de l'architecture et du patrimoine perpétue cette lointaine vocation en proposant, tout au long de l'année, à travers ses « Séquences d'architectures », des cycles de cinéma en rapport avec la ville et l'architecture.
Pour cette programmation-ci, notre choix se sera porté, pour une part sur des documentaires de référence coproduits par la Cité de l'architecture et du patrimoine, pour une autre sur quelques regards foncièrement originaux, voire radicaux, de jeunes documentaristes et réalisateurs européens.
Enfin, à travers La Bulle et l'architecte, cette manifestation est, pour la Cité de l'architecture et du patrimoine, l'occasion de rendre hommage à un grand architecte utopiste disparu tout récemment, Pascal Haüsermann. Le cinéaste Julien Donada a su capter avec empathie sa puissance créatrice et sa générosité. Concluant cette journée, la projection de ce dernier film se déroulera en présence de Julien Donada.
13h - Séance 1
Fausse solitude. Film expérimental de Pierre-Yves Cruaud. Production Lowave. France, 2000. Vidéoprojection, couleur.
Durée : 5mn 30
Un jeune homme tente de s'acclimater au monde urbain déformé par ce malaise contemporain qu'est la vitesse. Le film s'interroge sur l'identité de l'homme et sur celle de l'acte filmique. La question de la vitesse s'impose ici comme le motif formel de l'absurdité d'un combat regard humain/regard machine.
Artiste vidéo, Pierre-Yves Cruaud crée des oeuvres audiovisuelles autoproduites. Présent depuis quelques années sur la scène internationale des arts visuels et médiatiques, il explore également d'autres disciplines comme la photographie et le son. Les travaux issus de ses laboratoires de recherches visuelles et sonores ont reçus plusieurs prix à travers le monde. Chacun de ses films s'organise autour de problématiques chères au monde contemporain : la vitesse angoissante de la ville, la télésurveillance globale faisant éclater la barrière entre public et privé, l'omniprésence des images introduisant le règne de l'apparence éphémère.
(Lowave est un label de film indépendant basé à Paris fondé en 2002 avec comme objectif la promotion du cinéma expérimental et de la vidéo contemporaine afin de les rendre accessibles au-delà du circuit traditionnel des galeries, musées et festivals de cinéma. Lowave propose un aperçu du monde vibrant de la création artistique contemporaine. Le label, parallèlement à des figures historiques, a mis en avant certains des plus importants artistes émergents issus des quatre coins du monde qui travaillent avec des techniques diverses et de nombreux modes d'expression. )
Mutations of Matter. Film expérimental de Carlos Franklin et Roque Rivas. Production Le Fresnoy. France, 2008. Vidéoprojection, couleur. Durée : 14mn
Après avoir étudié les textes de Rem Koolhaas ainsi que ceux d'autres théoriciens, un musicien et un plasticien développent une pièce protéiforme, sous forme de performance mariant musique électro acoustique, vidéo, architecture, voix. Ces éléments recréent le mélange, la simultanéité, la diversité et l'accumulation qu'on trouve à New-York. Une ville imaginaire, donc, à travers un montage visuel et sonore sur deux écrans, où la verticalité s'impose...
Les Nouveaux patrimoines. Série documentaire de Patrick Ladoucette. Production Trans Europe Film, France 3, Cité de l'architecture et du patrimoine. Vidéo projection, couleur. Durée : 7x 7mn : 49mn
Patrimoine architectural? On pense d'abord aux vieilles pierres... Mais il en est un autre, souvent méconnu : celui du XXème siècle. Treize films courts observent attentivement treize chefs d'œuvres de l'architecture française : une piscine, une église, un aéroport, une banque, un cinéma, une usine, une résidence d'habitation...Bref, la beauté du siècle, dans le prisme de quelques œuvres d'architecture remarquables.
Première partie : Villa Savoye ( Le Corbusier, Pierre Jeanneret, 1931) ; Bibliothèque pour enfants de Clamart ( Atelier de Montrouge, 1965) ; Notre-Dame du Raincy ( Auguste Perret, 1923) ; Société générale ( Jacques Hermant, 1912) ; Pont de Bir-Hakeim ( Louis Biette et Camille-Jean Formigé, 1903/1904) ; Groupe Scolaire Condorcet ( Roger Hummel et André Dubreuil, 1934) ; Aérogare du Bourget ( Georges Labro, 1937).
La Chocolaterie Menier. Documentaire de Stan Neumann. Coproduction Les Films d'ici, Arte France, Cité de l'architecture et du patrimoine. France, 2007. Vidéo projection, couleur. Durée : 26mn.
L'usine Menier, à Noisiel, fut entre 1870 et 1914 la plus grande chocolaterie du monde. Mais ce fut aussi et surtout une usine pionnière en matière d'innovation architecturale. Son architecture de fer puis de béton voulait symboliser la puissance et la modernité de l'entreprise.
Ses trois bâtiments majeurs, le moulin Saulnier, la première construction à charpente entièrement métallique du monde, la Halle Eiffel et la Cathédrale racontent, à leur manière, l'âge d'or de l'architecture industrielle.
15h - Séance 2
Worst Case Scenario. Film expérimental de John Smith, Photographies de Patrick Duval. Production Lowave. Grande-Bretagne, 2003. Vidéo projection n/b, couleur.
Durée : 18mn30
Un montage en noir et blanc qui prend place à Vienne. Observant la rue et le carrefour depuis le point de vue en hauteur de sa chambre d'hôtel, l'artiste prend des photos à partir desquelles il compose avec humour des situations rythmiques.
Depuis trois décennies, John Smith développe un corpus de films qui renverse et explore habilement les frontières de la perception entre vérité et fiction, représentation et abstraction. En utilisant la vie de tous les jours en guise de matière première, les films de John Smith retouchent et transforment la réalité, en explorant et en utilisant pleinement la puissance du langage cinématographique. Ses films, vidéos et installations sont projetés dans de nombreuses salles de cinéma, des galeries d'art et à la télévision à travers le monde entier et ont remportés de nombreux prix, que ce soit au festival de Leipzig, Oberhausen, Hambourg, Cork, Genève, Palerme, Graz, Uppsala, Bangkok, Ann Arbor et Chicago. De récentes expositions lui sont consacrées à la Pearl Gallery de Londres, à l'Open Eye Gallery de Liverpool, au Kunstmuseum de Magdebug, ainsi que des rétrospectives aux festivals internationaux d'Oberhausen, de Cork, de Tampere, d'Uppsala et de Winterthur. John Smith vit et travaille à Londres.
Roissy 1. Documentaire de Valéry Gaillard. Coproduction Les Films d'ici. Arte France, Cité de l'architecture et du patrimoine. France, 2009. Vidéoprojection, couleur. Durée : 26mn.
Roissy 1 a incarné les aspirations de l'architecture moderne. C'était les premiers temps du voyage de masse, une époque d'avant la crise, qui croyait au progrès et rêvait de vitesse. Ce fut également l'entrée en scène de l'architecture dans la construction d'aérogares. Avec Roissy 1, ce ne sont plus les avions mais l'architecture qu'on viendra admirer.
L'architecte Paul Andreu fut le principal acteur de cette révolution. Il avait alors 29 ans, c'était sa première construction - le tout début d'une longue série d'une cinquantaine de plateformes dans le monde entier. Paul Andreu reste l'un des plus grands architectes d'aérogares du XXème siècle.
Les Nouveaux patrimoines. Série de Patrick Ladoucette. Production Trans Europe Film, France 3, Cité de l'architecture et du patrimoine. Vidéo projection, couleur. Durée : 6x 7mn : 42mn
Deuxième partie :
Théatre des Champs Elysées (Roger Bouvard, Henry Van de Velde, Auguste Perret, 1913) ;
Maison du Brésil ( Le Cobusier, Lucio Costa, 1952-1959) ; Piscine de la Butte-aux-Cailles ( Louis Bonnier, 1924) ; Soufflerie S1 de Meudon (Antonin La Presle, ingénieur, 1933) ; Résidence Germain Dorel ( Germain Dorel, 1933-1936) ; Cinéma Le Grand Rex ( Auguste Bluysen, 1931/1932).
17h - Séance 3
200 000 fantômes. Documentaire expérimental/ diaporama, de Jean-Gabriel Periot. France, 2007. Vidéo projection, n/b, couleur.
Durée : 10mn.
Le destin de la ville de Hiroshima, depuis 1914 jusqu'à nos jours, vu à travers la superposition de photographies prises au fil du temps, la musique opérant comme un continuum.
Dix. Animation, de Bif. Production Autour de minuit. France, 2008. Videoprojection, couleur.
Durée : 7mn.
Marc, effrayé à l'idée de marcher sur les lignes, a besoin des pavés de la rue pour se déplacer. Il suit un traitement pur dépasser sa phobie, mais plus le temps passe, plus les risques pris semblent énormes. Et si la réalité dépassait ses craintes les plus délirantes ?
Paris Monopole. Film de fiction de Antonin Peretjatko. Avec Hafsia Herzi. Production Chaya Films. France, 2010. Vidéo projection, couleur. Durée : 18mn30
Sabrinette, victime de la crise, cherche un appartement. Pas facile de trouver quand on est intérimaire, jeune, ou mal coiffé, ou pas assez ceci, ou pas assez cela. Une injustice faite à l'un est une menace faite à tous. Quand on cherche avec un plan de Monopoly, on espère forcément tomber sur la case « chance »...
La bulle et l'architecte. Documentaire de Julien Donada. Production TS Productions et VOI Sénart. France, 2003. Vidéoprojection, couleur. Durée : 51mn.
Le 1er novembre dernier, à Madras, s'éteignait l'architecte Pascal Häusermann, né en 1936. Depuis plusieurs années, il partageait sa vie entre Genève et l'Inde.
L'homme bouleversa les conventions, en réinventant une manière toute personnelle d'habiter et de construire. En 1959, Pascal Häusermann construit sa première maison individuelle, point de départ de toute sa conception architecturale : la maison - œuf. Une construction ovoïde en béton ou en plastique, constructible soi-même et facilement transportable. Pendant quinze ans, il bâtira ainsi une quinzaine de maisons. Mais dans les années 70, ses clients ont de plus en plus de mal à obtenir des permis de construire : il sera contraint de s'éloigner de l'architecture.
Hommage à un créateur foncièrement original, ce film accompagne l'architecte dans ses voyages en Suisse, en France, à New-York et en Inde. Quand l'architecture propose une autre manière de vivre en société...
Projection en présence du cinéaste Julien Donada.
