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Cité de l'architecture et du patrimoine

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Anne–Flore Guinée & Hervé Potin architectes, Nantes

Des temps, des projets

lundi 09 mars 2015 à 19h00
Centre de découverte, de culture scientifique et de recherche sur l'environnement et la biodiversité, La Roche-sur-Yon, 2013

Le développement d'une architecture de la matière, apte à relier l'architecture à son contexte, est extrêmement lié à la problématique des paysages, car l'épiderme architectural est le point de liaison entre l'architecture et son territoire ambiant.

"En effet, ce n’est pas seulement comme êtres vivants que nous avons besoin d’une certaine qualité environnementale (eau, air), c’est aussi comme êtres sociaux, car le lien social se défait quand l’environnement n’a plus de sens."
(Augustin Berque, Problématique du monde ambiant, Rennes, 1993.)

Notre démarche s'inscrit dans le développement d’une architecture contextuelle et expressive, attentive et radicale, onirique et réelle, « funny and serious ».

(Anne-Flore Guinée & Hervé Potin)


"Ils sont tous deux diplômés de l’école d’architecture de Rennes, respectivement en 1997 et 1996. Lui a été pensionnaire de la villa Médicis, à Rome, en 1998/99, elle lauréate de la bourse EDF-Electra en 2000. En 2002, ensemble, ils ont été en Éthiopie, grâce à la bourse "L'envers des villes ".
Puis, ils fondent l’agence Guinée*Potin en 2002 à Nantes.
Les projets présentés ici sont pour la plupart issus des recherches entreprises durant leur séjour à Rome. Ces recherches, très "influencées par les utopies radicales des années 60 et une certaine architecture contextuelle des années 90", se caractérisent par une nouvelle approche des épidermes. Mais le charme de ces projets vient surtout de la liberté qu’ils expriment. Ce n’est pas qu’ils ont oublié l’histoire, bien au contraire car ils ont beaucoup admiré "autant les mosaïques antiques et les parements baroques que le travail de Gaudi ou d’Horta" mais plutôt parce qu’ils osent mélanger le naturel et l’artificiel, le brut et le sophistiqué, le dur et le mou… et que rien ne semble capable les arrêter. Ils sont finalement autant artistes et paysagistes qu’architectes. Collage, coloriage, détournement, interférence, croisement, pliage, enchâssement, effeuillage, incrustation, placage, contamination, etc. sont au service d'une architecture "sensuelle, expressive et magique ".
(Patrice Goulet, In Extra-Muros, architectures de l’Enchantement, éditions Archibooks/Cité de l’architecture, Paris, 2006.)


"A l’opposé de la démesure, l’agence nantaise d’Anne-Flore Guinée & Hervé Potin explore une architecture tout en subtilité végétale et formelle. Ils ont livré en 2013 un Centre de découverte scientifique à La Roche-sur-Yon : un bâtiment en chaume ! Futur antérieur ?

Quel est votre rapport à l’écologie ?

'Nous ne nous définissons pas comme des architectes écolos mais plutôt comme des stylistes, attirés par l’esthétique, la mode, le chic. Nous pensons que le mouvement moderne, le corbusianisme, nous ont fait oublier une élégance d’avant-guerre ainsi que des méthodes traditionnelles de construction que nous aimons retrouver. Sans être post-modernes, nous les actualisons.
Le bois, le chaume, les troncs d’arbres, les toitures végétalisées sont nos outils. Nous aimons parler de manteau à propos de nos façades ou toitures. Nous les aimons rugueuses, aptes à capturer les couleurs, les reflets. Qu’ensuite, il s’avère que ces édifices offrent d’excellentes performances énergétiques, c’est un plus.'
La nature est bien faite."

(Philippe Trétiack,
In Beaux-Arts Magazine, Février 2014.)