L’industrie en représentation.
De l’époque romantique aux Expositions universelles (1800-1867)
Jeudi 24 novembre 2011
Comment peindre l'usine, lui conférer la dignité de la représentation ?
Après l'alliance éphémère du Beau et de l'Utile prônée par l'Encyclopédie, le postulat romantique d'une «aversion instinctive des poètes et des artistes pour les merveilles de la civilisation» (Théophile Gautier, 1844) s'affirme. Mais les oeuvres retrouvées - un foisonnement de paysages et de vues d'architecture - portent un discours différent. Les peintres, dessinateurs et lithographes qui choisirent de montrer les ateliers de la première industrialisation, ne condamnèrent pas d'emblée l'industrie comme « altérité culturelle ». Il est certes des « portraits » de manufactures ou d'usines, à la gloire des entrepreneurs. Mais plus nombreuses encore sont les installations croisées sur les chemins pittoresques : elles offrent l'opportunité de synthèses plastiques et symboliques entre la nature et l'industrie, jusqu'à l'invasion d'artéfacts irréductibles : hautes manufactures textiles, forges à l'anglaise et cheminées fumantes.
L'élan industrialiste de la Monarchie de Juillet, puis les Expositions universelles de 1855 et 1867, semblent changer la donne. Alors s'essouffle la vogue des lithographies de paysages pittoresques et romantiques. À partir des années 1840, les lithographies de prestige et les gravures de presse chantent la ville et l'industrie, source de la prospérité nationale et de la puissance impériale. Malgré quelques oeuvres exceptionnelles, les peintres contribuèrent peu au mouvement - il faudra en expliquer les raisons - avant la célébration de l'ouvrier dans les Salons de la Troisième République, et la redécouverte tardive de la cheminée d'usine dans le paysage impressionniste
