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Cité de l'architecture et du patrimoine

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La valorisation du déjà là

Cycle 3. Patrimoine, création architecturale et citoyenneté

lundi 25 juin 2007

Le projet urbain révélateur et l’intensification des qualités présentes dans les grands ensembles par Djamel Klouche
La question des grands ensembles et de leur évolution a traversé toute notre expérience au sein de l’agence. Nous avons les uns et les autres travaillé au cours de nos études supérieures sur ce type de problématique : stage au sein du service urbanisme de la Ville de Sarcelles dont l’objectif était d’assister la Ville sur la mise en place d’un projet urbain sur Lochères [1994-1995] ; travail avec le Logement Français sur les perspectives de développement et de valorisation de la Rose des vents à Aulnay-sous-Bois [1993-1994].
Nous avons acquis progressivement - en nous frottant à divers quartiers d’habitat social, dans des contextes urbains et architecturaux très différenciés, avec des maîtrises d’ouvrage non comparables d’un site à un autre, dans des problématiques parfois divergentes -, un certain nombre de convictions :

- D’abord, que nous sortions progressivement et peut être définitivement de l’urbanisme d’extension et que nous rentrions dans ce que l’on pourrait appeler un « urbanisme du recyclage ». Dans les grands ensembles, comme ailleurs, nous devons aujourd’hui travailler avec l’existant et surtout avec les populations résidentes. Ce premier constat nous amène à penser que nous nous trouvons actuellement dans une phase charnière de renouvellement des méthodes, des approches et évidemment des outils pour intervenir sur l’existant. - par voie de conséquence, il nous semble que la première posture est de travailler à la valorisation du déjà là. Le projet doit s’attacher à valoriser les populations résidentes dans le quartier : c’est la priorité. Cette valorisation passe dans le projet architectural et urbain par la valorisation et l’intensification des qualités présentes sur le site. Le projet doit s’attacher à ne produire à l’intérieur même de ce quartier aucune forme de stigmatisation de l’existant. Le projet doit pouvoir, dans sa formulation de transformation, emmener l’ensemble du quartier dans une dynamique de création de valeur. - la qualité formelle du projet architectural et urbain n’est pas neutre ; nous sommes des experts de l’espace, donc du visible ; le projet de transformation doit révéler, dans le visible et dans les formes qu’il produit, des qualités spatiales, des conforts d’usages et une optimisation de la gestion. - la qualité d’un projet se mesure aussi dans sa capacité à faire force de bifurcation. Les sites dont il est question ici sont souvent dans des spirales de dévalorisation. Le projet doit exprimer clairement les moyens du changement de trajectoire [je ne dis pas changement d’image]. Le changement de trajectoire n’est pas synonyme de mutation radicale, il porte plus sur la prise de conscience collective du changement et sur l’intérêt de chacun d’y participer à son niveau tel qu’il soit. - à toutes les phases de son élaboration, le projet doit montrer envers les habitants une valorisation progressive. Malheureusement, encore beaucoup de projets ne prennent sens qu’à leur aboutissement. La démarche opérationnelle doit être inscrite dans une temporalité progressive de la valorisation. Chaque morceau, chaque micro-opération doit contribuer à son échelle à la valorisation du quartier. Le rendement du projet envers les populations résidentes doit être croissant dans le temps de sa mise en œuvre. - enfin et pour conclure : on ne parle aujourd’hui que des démolitions, des nouvelles typologies à construire [basse hauteur, haute densité et à fort degré d’urbanité] ; peu de discours sont développés sur la valorisation de l’existant que l’on préserve. La Palulos (Subvention à l'amélioration des logements locatifs sociaux) est pensée exclusivement comme le dernier avatar du façadisme, il nous reste aujourd’hui à repenser le logement depuis l’intérieur vers le territoire et à imaginer des solutions architecturales et urbaines de valorisation du patrimoine existant. C’est en ce sens que les projets de rénovation urbaine [plus de 700 quartiers classés ZUS] pourraient constituer les symptômes de la nouvelle condition urbaine contemporaine. Ces convictions acquises dans le temps s’actualisent dans les différents projets que nous avons à charge : à Pantin sur les Courtillières, la question patrimoniale des bâtiments conçus par Emile Aillaud prend une dimension importante ; à Grenoble sur Mistral, c’est la question du paysage habité et de la diversité qui prend le pas sur le reste ; à Troyes dans les Provinces ; à Gentilly dans le Chaperon Vert, c’est plutôt la question de l’intériorité du logement, de son évolution et de sa revalorisation en articulation avec le grand territoire qui nous semble l’orientation principale du projet.

En savoir plus

Contact : Mathilde Béjanin Tél. : +33 (0)1 58 51 59 98 Fax : +33 (0)1 58 51 52 90 mbejanin@citechaillot.fr
Adresse
Cité de l'architecture et du patrimoine Auditorium (ex-cinémathèque) Accès par le 7, avenue Albert de Mun 75016 Paris France Métro Iéna et Trocadéro
Tarifs
Cycle de 4 séances de 2h Plein tarif : 35 € / tarif réduit : 25 € A la séance Plein tarif : 10 € / tarif réduit : 6 € Les tarifs réduits s’appliquent aux étudiants de moins de 26 ans, demandeurs d’emplois, RMI, carte Culture.