Roberto Burle Marx, la modernité du paysage
Ouvrage collectif, sous la direction de Lauro Cavalcanti, Farès El-Dahdah, Francis Rambert
Photographies contemporaines Leonardo Finotti
Adaptation française du catalogue publié au Brésil en 2009, Roberto Burle Marx 100 anos. A Permanência do instável, sous la direction de Lauro Cavalcanti et Farès El-Dahdah (ed. Rocco Ltda, Rio de Janeiro), Roberto Burle Marx, la modernité du paysage s'en démarque par une iconographie enrichie et actualisée par une série de reportages photographiques de Leonardo Finotti réalisés cette année.
Il fait ainsi découvrir ou redécouvrir une vingtaine de réalisations-phares du maître brésilien du paysage (1909-1994), de la fin des années 1930 jusqu'aux années 1980, de l'approche urbanistique à grande échelle jusqu'au sur-mesure des résidences privées et des édifices publics.
Les trois jardins que dessine Burle Marx pour le ministère de l'Éducation et de la Santé à Rio de Janeiro (1938), immeuble conçu par une équipe d'architectes intégrant le tout jeune Oscar Niemeyer autour de Lúcio Costa et avec Le Corbusier, le font entrer dans le cercle des figures qui vont façonner la modernité brésilienne et en projeter l'image dans le monde entier. Les espaces publics et les parcs qu'il aménage, de l'Amérique à l'Asie, témoignent du développement de ses exigences esthétiques et éthiques, appuyées sur une véritable passion pour la botanique, dont le Sítio, sa propre maison-atelier-laboratoire-pépinière non loin de Rio de Janeiro, décline à grande échelle la splendeur et la variété.
Au fil des promenades photographiques, le livre propose une immersion dans les grands parcs et espaces publics datant des années 1960 et 1970 au Brésil, avec une rapide escale à Paris dans les patios du palais de l'Unesco : l'Aterro do Flamengo à Rio, emprise gagnée sur la baie où Burle Marx a déjà dessiné les jardins du célèbre musée d'Art moderne d'Affonso Eduardo Reidy (1954), l'Avenida Atlântica, chaussée-promenade de Copacabana, le parc Ibirapuera à São Paulo, les jardins d'eau autour et à l'intérieur de certains des grands ministères construits par Niemeyer à Brasilia (Relations extérieures, Justice)...
Structuré autour de trois textes de Burle Marx, conférences données au Brésil dans les années 1950, 1960 et 1980, le sommaire du livre reprend pour une part les textes du catalogue brésilien, auxquels viennent s'ajouter en contrepoint le regard de Francis Rambert, qui met en perspective l'exceptionnelle trajectoire de Burle Marx, celui du paysagiste Gilles Clément, qui évoque notamment ses deux rencontres avec lui, et l'approche de Patrick Blanc, botaniste inventeur du « mur végétal », qui décrypte la démarche de pionnier de ce grand plantsman qu'était Burle Marx. Le livre dévoile aussi une part de l'œuvre picturale et graphique, méconnue en Europe, de cet artiste multiple marqué par les avant-garde européennes des années 1920, qui a été en même temps, tout au long de sa vie, peintre, poète, musicien, sculpteur, créateur de bijoux, de tapisseries, de costumes et de décors de théâtre...
Ouvrage réalisé en coédition par la Cité de l'architecture & du patrimoine/Institut français d'architecture à Paris et les éditions Actar à Barcelone, entre février et juin 2011, grâce au soutien de l'ambassade du Brésil en France, pour accompagner l'exposition "Roberto Burle Marx, la permanence de l'instable", présentée à la Cité de l'architecture & du patrimoine du 22 mars au 24 juillet 2011.
