Accéder au site mobile

Cité de l'architecture et du patrimoine

Images

x Fermer

Hanoï

1997

Éditorial

L’approche aérienne de Hanoi fait saisir d’emblée l’imbrication de la terre et de l’eau dans ce territoire du delta du Fleuve Rouge; un paysage dont les éléments forts sont le fleuve, les rivières, les lacs, les mares, les digues et les innombrables diguettes, les rizières, les villages-routes, les villages-îles, et enfin la ville qui émerge de plus en plus haut, là où se concentrent les réalisations des investisseurs internationaux, asiatiques pour la plupart.
Dans ce plat pays - 12 m de dénivellé sur les 160 km de profondeur du delta entre Viet Tri et Haiphong -, l’urbanisation a nécessité un incessant travail de conquête de terres constructibles grâce à l’édification de digues et au drainage, pour permettre aux villages d’exister en sécurité et à la ville de se développer au fil des siècles : ville impériale d’abord à partir de la fondation en 1010, période française de 1874 à 1954 et enfin période socialiste, celle de la reconstruction et du développement de la ville contemporaine.
Sans doute cette géographie particulière n’est-elle pas étrangère au fait qu’Hanoi ait conservé jusqu’à nos jours une organisation essentiellement rurale de son territoire. La guerre y a aussi contribué, des villages relativement autonomes et dispersés y résistant mieux et les bombardements ayant entraîné des déplacements des villes vers les campagnes (1964-73). Après la réunification en 1975-1976, le gouvernement s’est donné pour priorité la mise en valeur des zones rurales grâce à une répartition de la population sur le territoire. Depuis la fin des années 1980, le Viêt-nam mise sur la croissance urbaine dans une stratégie de développement économique s’ouvrant vers l’extérieur. Dans cette dernière décennie l’Etat favorise l’initiative individuelle dans le domaine du logement, d’où des phénomènes originaux de densification du tissu urbain. On assiste alors à l’émergence d’une version contemporaine de la forme traditionnelle du compartiment à différentes échelles, y compris dans le cadre de la densification des quartiers d’habitat collectif. Les anciennes barres disparaissent ainsi peu à peu dans un tissu dense beaucoup plus proche de la morphologie des quartiers traditionnels que de celle issue du Mouvement Moderne. Ces initiatives liées à une forte culture locale ne sont pas transposables, mais ont une évidente valeur d’expérience.
Lorsqu’elle fêtera son millénaire en 2010, Hanoi devrait dépasser 3 millions d’habitants (contre 2,2 recensés en 1994) et sa surface urbanisée atteindre 12.000 ha (contre environ 5.000). La capitale vietnamienne connaît aujourd’hui un développement rapide favorisé par l’ouverture économique du pays et par son statut de ville-province qui lui évite d'être confrontée au problème de ses limites territoriales. La ville-province s’étend sur 92.500 ha, organisés en arrondissements centraux (parties urbanisées denses : 1 million d’habitants sur 4.200 ha en 1994) et en districts pour les zones d’urbanisation discontinue et les zones rurales. Hanoi a donc la possibilité de concevoir l’aménagement de son territoire de façon globale, sans opposer ville, banlieues et nouveaux centres, mais plutôt en les composant pour trouver de nouveaux équilibres dynamiques.

Gwenaël Querrien

En savoir plus

Auteurs
François Decoster, Djamel Klouche

Édition
Institut français d'architecture

Partenaires
Agence de la Francophonie ACCT

Parution
Novembre 1997

Détails
60 pages, illustrations couleurs

Prix
19,82 euros

Supplément du Bulletin d'informations architecturales, n° 206