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Cité de l'architecture et du patrimoine

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Nantes

1996

Éditorial

Dans l’imaginaire collectif, l’évocation de Nantes appelle celle de l’océan Atlantique. Pourtant, si le commerce triangulaire avec l’Afrique et l’Amérique dominait l’économie nantaise au XVIIIe siècle, la ville a vu depuis sa vocation maritime se réduire inexorablement au profit de Saint-Nazaire. Mieux située pour accueillir les grands vaisseaux, Saint-Nazaire devient l’avant-port de Nantes dès le milieu du XIXe siècle et passe rapidement de quelques centaines d’habitants à quelques milliers, son agglomération dépassant aujourd’hui les 130.000 habitants et assurant 90 % du trafic du port de Nantes - Saint-Nazaire. Dans le même temps, l’agglomération nantaise, regroupant 21 communes, dépassait les 500.000 habitants — dont 250.000 pour la ville de Nantes, 45.000 pour Saint-Herblain et 35.000 pour Rezé — mais le trafic amont n’assure plus que 10 % du trafic portuaire. L’ensemble de l’estuaire qui regroupe 82 communes atteint 780.000 habitants.
Le choix originel du site de Nantes à l’époque gallo-romaine correspondait, non à un quelconque appel du large, mais à une facilité de traverser la Loire au fin fond de l’estuaire : une dizaine d’îles constituaient là une sorte de grand gué et cinq d’entre elles servirent d’appui à la création d’une ligne de ponts, passage obligé entre Bretagne et Aquitaine. Le port s’est ensuite développé autour du commerce, très actif au Moyen Âge. Mais dès le XVIIe siècle, le manque de profondeur devient une entrave à l’activité portuaire. Les travaux se succèderont pour forcer le destin, jusqu’au début de ce siècle où le dragage d’un chenal suffisamment profond provoque le quasi assèchement des autres bras du fleuve et la décision de leur comblement réalisé dans les années 1925-38.
A vouloir, en vain, retenir la mer et les bateaux, Nantes s’est donc privée de son site originel : les petites îles, qui auraient pu être un important potentiel de développement touristique, ont été peu à peu amalgamées en une seule moins pittoresque. Ile Sainte Anne dans sa partie ouest et île Beaulieu dans sa partie est, elle a été récemment rebaptisée île de Nantes à l’occasion du projet d’aménagement confié à Dominique Perrault et dont le premier fleuron sera le palais de justice conçu par Jean Nouvel.
Si aujourd’hui Nantes reste la première agglomération du Grand Ouest, devant celle de Rennes (350.000 hab.), le développement de l’ensemble de l’estuaire reste l’objet d’un vaste débat entre les tenants d’une priorité au développement industrialo-portuaire, même si le trafic du port, le 4e de France, reste modeste à l’échelon européen ; tandis que les élus locaux sont partisans d’une conception globale : celle d’une métropole de l’Ouest multipolaire intégrant développement urbain, interconnexion des réseaux de transports, activités économiques et culturelles dont l’université, et préservation des vastes espaces naturels à l’échelle de l’estuaire. Une perspective où les préoccupations en matière d’environnement tiennent une place importante aussi bien au niveau du District de l’agglomération nantaise, que de l’Association Communautaire de l’Estuaire de la Loire.

Gwenaël Querrien

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Auteurs
Gilles Bienvenu, François Bodet, Michaël Darin, Marie-Paule Halgand

Édition

Institut français d'architecture

Partenaire
La DATAR

Parution

Octobre 1996

Détails
60 pages, illustrations couleurs

Prix
20 euros

Supplément du Bulletin d'informations architecturales n° 196