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Cité de l'architecture et du patrimoine

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Buenos Aires

1995

Éditorial

Sans doute cette monographie ne peut-elle qu’esquisser à grands traits le portrait d’une mégalopole comme Buenos Aires, forte de 10 millions d’habitants, soit un tiers de la population de l’Argentine. Mais nous espérons qu'elle puisse donner, notamment à ceux qui ne connaissent pas la capitale portègne, quelques éléments  de réflexion.

On y remarque en effet l’étonnante capacité régulatrice du tracé fondateur en damier qui a su, à travers les siècles, fédérer la multitude des initiatives individuelles; ceci dans une ville où les politiques publiques en matière d’urbanisme s’arrêtent le plus souvent au niveau des études préalables et où le code de l'urbanisme est le seul document de référence officiel. Il est très instructif de constater que la pérennité de principes géométriques simples a induit des comportements civiques à tous les niveaux : même les occupations illégales et l’auto-construction ont été réalisées en respectant la règle originelle, dans l’espoir bien sûr d’une légalisation future. A la fois organisée par son tracé et disparate dans ses typologies comme peut l’être une ville née de vagues d’immigration venues au fil du temps de différents pays européens et de l’intérieur du pays, Buenos Aires a donc pris corps au croisement d’influences culturelles diverses maillées dans son gigantesque damier. Nous laisserons le mot de la fin [...], à la littérature ou plutôt à la poésie. "Tiède et rieuse, comme elles le sont en automne dans la très gracieuse ville de Buenos Aires, resplendissait la matinée de ce vingt-huit avril... La Grande Capitale du Sud était une grappe d’hommes qui se disputaient à grands cris la possession du jour et du monde. Des bâteaux noirs et sonores, ancrés dans le port de Santa María de los Buenos Aires, lançaient sur ses quais la récolte industrielle des deux hémisphères, la couleur et le bruit des quatre races, l’iode et le sel des sept mers tandis que gorgés de la faune, de la flore et des fruits de notre territoire, d’autres grands bâteaux solennels partaient dans les huit directions de l’eau et dans l’âpre adieu des sirènes marines". (Leopoldo Maréchal, Adán Buenosayres, 1948 - Trad. Françoise Rosset).

Gwénaël Querrien

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Auteur
Graciela Schneier-Madanes

Édition
Institut français d'architecture

Partenaires
PIR-Villes/CNRS

Parution
Juillet 1995

Détails
60 pages, illustrations couleurs

Prix
19,82 euros